Article: Coulisses : comment on choisit nos variétés

Coulisses : comment on choisit nos variétés
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En résumé
- 🌿 La sélection des variétés My Chanvre, c'est pas un algorithme ni un commercial qui décide : c'est une équipe, un nez, et des analyses HPLC.
- 🔬 Chaque lot passe par un contrôle cannabinoïdes/terpènes avant d'arriver en boutique, et les lots qui ne passent pas repartent chez le producteur.
- 👃 La dégustation à l'aveugle fait partie du process : on sent, on observe les trichomes, on vérifie la combustion, on note.
- ⚖️ Taux de THC ≤ 0,3 % respecté systématiquement, conformément au cadre français et européen.
- 💚 Objectif réel : te proposer des fleurs et résines qu'on fumerait nous-mêmes, pas celles qui se vendent le mieux sur TikTok.
Comment on choisit nos variétés chez My Chanvre ? Spoiler : ça ressemble beaucoup plus à une cave de vigneron qu'à un bureau de startup 🍇. Pas de « panel consommateur », pas de « focus group », pas de « roadmap trimestrielle ». Une équipe, des échantillons, un labo, et une règle simple : si on n'a pas envie de la fumer, on ne la vend pas.
On va pas se mentir : le marché du CBD est devenu un bazar monstre. Entre les fleurs à 2 €/g qui sentent le foin mouillé et les « premium » à 15 €/g qui sont juste bien marketées, trouver une variété honnête relève parfois du parcours du combattant 🌪️. Alors on t'ouvre les coulisses. Vraiment. Pas la version brochure.
D'où viennent les variétés qu'on sélectionne (et pourquoi ça change tout)
La première étape, c'est la source. Et c'est là que 80 % des marques CBD se plantent — ou mentent, au choix. Nous, on bosse avec un pool restreint de producteurs : trois en France (deux dans la Drôme, un dans le Vaucluse), deux en Suisse (régions de Berne et du Tessin), et quelques petites fermes italiennes et espagnoles pour les variétés outdoor spécifiques.
Pourquoi si peu ? Parce qu'on va les voir. En vrai. Avec des bottes et un carnet. Un producteur qu'on ne peut pas visiter, c'est un producteur qu'on ne référence pas. Point. Tu voudrais acheter du vin d'un domaine dont personne n'a jamais vu les vignes ? Nous non plus 🍇.
On exige trois choses minimum avant même de goûter : un certificat variétal (la graine utilisée doit figurer au catalogue européen des variétés de chanvre autorisées), un historique du sol (surtout pour l'outdoor — on ne veut pas de terres polluées aux métaux lourds), et le mode de culture détaillé. Indoor LED ? Greenhouse ? Full outdoor sous le soleil provençal ? Ça change tout sur le profil final.
Indoor, greenhouse, outdoor : trois mondes différents
Petit rappel qui va bien : la méthode de culture détermine 60 % de ce que tu ressentiras à la dégustation. L'indoor donne des fleurs denses, résineuses, aux arômes concentrés — mais ça consomme énormément d'énergie. La greenhouse (serre semi-contrôlée) propose un compromis sympa : lumière naturelle, température maîtrisée, bon rendement en terpènes. L'outdoor, c'est l'école de l'humilité : tu dépends du climat, mais les fleurs qui réussissent ont un caractère que l'indoor n'atteindra jamais.
Chez nous, tu trouveras les trois. Pas par idéologie, mais parce que chacune a sa place selon ce que tu cherches. Envie d'un truc puissant et bien résineux pour le soir ? Indoor. Un profil terreux, complexe, pour une pause tranquille le week-end ? Outdoor. Si tu veux creuser le sujet, on a écrit un papier dédié sur les différents modes de culture dans le CBD, c'est tout propre.
Les critères qu'on applique avant même d'ouvrir le sachet
Avant la dégustation, il y a la paperasse. Oui c'est chiant, oui c'est obligatoire, et oui c'est ce qui sépare une marque sérieuse d'un revendeur de passage. Chaque lot proposé par un producteur arrive avec sa fiche technique. On regarde quoi exactement ?
Le taux de CBD d'abord — mais pas tout seul. Un taux de 18 % annoncé sans profil cannabinoïde complet, c'est suspect. On veut voir le CBDA, le CBG, le CBN, les traces éventuelles. Le taux de THC ensuite, qui doit impérativement être inférieur ou égal à 0,3 % (le cadre légal français et européen depuis l'arrêt du Conseil d'État de décembre 2022). Au-dessus, on refuse. Même d'un cheveu. On n'a pas envie de te mettre dans la panade avec un contrôle routier.
Puis le profil terpénique. Myrcène, limonène, caryophyllène, pinène, linalool… ces petites molécules sont responsables à la fois de l'odeur, du goût, et d'une partie de l'effet d'entourage (le fameux « entourage effect »). Une variété sans profil terpénique détaillé, c'est comme un vin sans étiquette : tu peux toujours boire, mais tu ne sais pas ce que tu bois.
Enfin : résidus de pesticides, métaux lourds, moisissures, levures. Zéro tolérance. Si l'analyse laboratoire indépendante montre une anomalie, le lot est recalé — même si tout le reste était parfait. Tu veux comprendre pourquoi ce point est crucial ? On a détaillé le sujet dans ce que le marketing CBD ne t'expliquera jamais.
La dégustation à l'aveugle : notre moment préféré (et le plus brutal)
Une fois que la paperasse est propre, on passe au vrai test. Et c'est là que ça devient marrant 😄. On reçoit en général 3 à 5 g d'échantillon par lot candidat. L'équipe se réunit (on est quatre à faire les sélections régulières), on numérote les échantillons de 1 à N, on retire les noms de variétés, et on commence.
Étape 1 : l'œil. On regarde la structure de la fleur. Est-elle bien manucurée ? Les trichomes sont-ils visibles, nombreux, laiteux ou ambrés ? Y a-t-il des graines, des tiges apparentes, des zones brunies ? Une fleur qui s'effrite comme de la paille, c'est généralement une fleur mal séchée ou trop vieille. Si tu veux voir à quoi ressemblent de bons trichomes, va mater notre article dédié aux trichomes et ce qu'ils disent vraiment sur la qualité.
Étape 2 : le nez. On ouvre le pot. On sent une première fois à froid. Puis on effrite légèrement une tête entre les doigts et on sent à nouveau — là, les terpènes se libèrent. Une bonne variété doit avoir du relief olfactif : des notes qui apparaissent, qui changent, qui s'étagent. Un nez plat et uniforme = profil terpénique faible. On note sur une grille.
Étape 3 : le toucher. Trop sec, la fleur craque et perd ses trichomes au premier contact. Trop humide, elle risque de moisir ou de mal brûler. Taux d'humidité idéal : entre 58 % et 62 %. On a un hygromètre, oui, on est ce genre de personnes.
La combustion et le ressenti (parce qu'au final c'est ça qui compte)
Étape 4 : la vaporisation. On vape à 180-190°C en priorité (préserve mieux les terpènes qu'une combustion directe). On note le goût de la première inhalation, l'évolution sur 3-4 bouffées, la densité du nuage, la rétro-olfaction. Est-ce que ça pique la gorge ? Est-ce que c'est doux ? Est-ce que ça a un goût de chlorophylle (= mauvaise cure) ?
Étape 5 : le ressenti. On attend. Entre 20 minutes et 1 heure, selon les cas. Est-ce qu'on sent une détente ? Un effet physique ? Une légère euphorie végétale ? Ou… rien ? Parce que oui, ça arrive aussi — et c'est éliminatoire. On en a parlé dans CBD qui ne fait rien, est-ce normal ?. Spoiler : non, pas chez nous.
Chaque échantillon reçoit une note sur 20 sur 5 critères : aspect, nez, goût, effet, régularité. En dessous de 14/20, c'est non. Entre 14 et 16, on redemande un échantillon d'un autre lot pour voir la régularité. À 16+, on valide et on commande une petite série pour tester en boutique auprès de nos client·e·s réguliers.
Pourquoi certaines variétés qu'on adore ne passent jamais le cap
Vraie histoire : on a eu un coup de cœur monumental pour une Gorilla Glue indoor suisse l'an passé. Nez explosif, aspect magnifique, trichomes à tomber. On commande 500 g pour test. Le deuxième lot (3 mois plus tard) : rien à voir. Nez éteint, taux de CBD passé de 17 à 11 %, structure moins dense. On a refusé le réassort.
Le truc, c'est que la régularité, c'est tout. Rien ne sert d'avoir UNE variété exceptionnelle si tu ne peux pas la retrouver trois mois plus tard. Nos client·e·s nous disent souvent qu'ils reviennent chercher la même parce qu'ils savent qu'elle sera identique. Si on vendait un hit ponctuel aujourd'hui et un sous-produit la fois d'après, on perdrait la confiance qu'on met des années à construire.
Autre cas de figure : la variété top en analyse… mais sans âme à la dégustation. Ça arrive. Des fleurs à 20 % de CBD, profil terpénique écrit sur le papier, mais à l'usage, c'est fade. Pas de bouche, pas de ressenti, rien. Le chiffre sur l'étiquette ne fait pas tout — c'est d'ailleurs un point qu'on développe dans notre guide sur la concentration de CBD.
Les variétés qu'on refuse systématiquement
T'as déjà vu ces fleurs CBD vendues à 3 €/g sur les sites discount ? Voici pourquoi on n'en vend pas. À ce prix-là, le producteur ne peut pas :
- Faire une cure correcte (minimum 3 semaines, idéalement 6-8)
- Payer une analyse laboratoire indépendante par lot (compter 80 à 150 €/analyse)
- Rémunérer correctement les équipes de manucure (travail manuel, long, précis)
Donc à 3 €/g, soit c'est du chanvre déclassé (reste de récolte, petites têtes), soit c'est aromatisé artificiellement avec des terpènes synthétiques pulvérisés en surface. Dans les deux cas, non merci. On préfère vendre moins, mais vendre bien.
Le rôle de l'équipe boutique dans la sélection finale
Un truc qu'on fait et que peu de marques pratiquent : on écoute l'équipe en boutique. Vraiment. Pas « on fait semblant d'écouter puis on décide tout seuls au siège ». Les conseiller·e·s voient défiler des centaines de client·e·s par mois, entendent les retours, voient qui revient, qui ne revient pas, qui demande quoi.
Quand on hésite entre deux variétés candidates, on fait tester en boutique sur 2-3 semaines avec un échantillon offert. On récupère les retours. Et parfois, une variété qu'on trouvait moyenne à la dégustation d'équipe cartonne auprès des client·e·s — parce qu'elle correspond à un besoin qu'on avait sous-estimé (goût doux pour les débutant·e·s, par exemple).
Si tu passes nous voir, demande à l'équipe pourquoi telle fleur a été sélectionnée. On est tous briefés, on connaît le profil cannabinoïde, le mode de culture, le producteur, la date de récolte. C'est un détail qui change tout dans le conseil. Et si tu débutes dans le CBD, on t'oriente différemment que si tu es un·e habitué·e — logique, non ? Notre guide débutant 2025 est fait pour ça aussi.
Résines, huiles, autres molécules : la sélection suit la même logique
Tout ce qu'on vient de dire sur les fleurs ? Ça s'applique aussi au reste de la gamme. Les résines (hash, charas, afghan…) passent par le même filtre : origine, mode d'extraction (tamisage à sec, water hash, pressage à chaud ou à froid), profil cannabinoïde, analyses laboratoires, test de dégustation à l'équipe.
Pour les résines, on est particulièrement attentifs à l'extraction. Pas de solvants chimiques (pas de BHO, pas de rick simpson à l'alcool industriel). On privilégie les méthodes mécaniques et à l'eau glacée, qui préservent mieux les terpènes et évitent les résidus. Une résine fumée doit sentir bon, pas brûler le palais ni laisser un arrière-goût chimique.
Côté huiles, la sélection est encore plus stricte parce que c'est de l'ingestion. Extraction au CO2 supercritique en priorité, huile de support de qualité (chanvre bio, MCT, olive première pression), spectre complet ou large spectre selon les cas, dosage précis vérifié par HPLC. Pas d'huile « miracle » à 40 % qui sent le solvant.
Ce qu'on ne te dira jamais (parce que c'est faux)
Promis, après ce paragraphe, tu y verras plus clair. On ne te dira jamais que :
« Notre CBD guérit l'anxiété, l'arthrose, l'insomnie, le cancer. » Non. Le CBD n'est pas un médicament, le cadre français et européen est très clair là-dessus. On peut parler de bien-être, de détente, de relaxation musculaire ressentie — pas de guérison. Les études existent (PubMed en compte des milliers), mais la majorité sont encore préliminaires. Si tu veux creuser le sujet des douleurs, on a un article honnête sur le CBD et les douleurs chroniques.
« Nos fleurs sont 100 % françaises. » Attention aux formules floues : certaines marques vendent du chanvre importé mais « conditionné en France ». Nous, on te dit exactement : telle variété vient de la Drôme, telle autre du Tessin, telle autre de Catalogne. Transparence totale sur chaque fiche produit.
« Plus le taux de CBD est élevé, meilleure est la fleur. » Faux. Une fleur à 10 % de CBD avec un profil terpénique riche sera souvent plus intéressante qu'une fleur à 22 % plate. L'effet d'entourage dépend de l'ensemble, pas d'un seul chiffre.
Combien de variétés on refuse pour une qu'on garde ?
Sur une année, on reçoit entre 80 et 120 échantillons de variétés candidates. On en retient en moyenne 15 à 20 pour la vente. Soit un taux d'acceptation d'environ 15 à 20 %. Les autres partent au compost ou retournent chez le producteur avec nos retours détaillés (on en profite pour l'aider à progresser, c'est aussi ça notre rôle).
Et parmi celles qu'on garde, certaines ne font qu'un passage ponctuel (production limitée, récolte unique) et d'autres deviennent des piliers. Les piliers, ce sont les variétés que tu retrouves depuis 2-3 ans sur nos étagères : parce que le producteur assure la régularité, parce que tu reviens les chercher, et parce qu'on les a validées saison après saison.
Bref, choisir une variété chez My Chanvre, c'est un boulot de longue haleine. Pas sexy, pas instagrammable, mais c'est ce qui fait la différence entre une fleur CBD honnête et une fleur qu'on regrette d'avoir achetée. Si tu veux comprendre comment matcher ta sélection avec ton besoin réel, notre article comment choisir son CBD selon ton usage t'aidera à y voir plus clair.
Voilà, maintenant t'as les coulisses. Pas de magie, pas de bullshit — juste un process qui prend du temps, une équipe qui s'investit, et une règle qu'on applique depuis le début : vendre uniquement ce qu'on fumerait soi-même. Si tu as des questions, viens nous voir en boutique ou écris-nous. On est là pour toi, et on adore parler variétés pendant des heures (sincèrement, préviens-nous à l'avance, prévois du temps 😅). Et si cet article t'a appris un truc, partage-le à quelqu'un qui achète son CBD un peu au hasard — tu lui rendras service.
⚠️ Le CBD n'est pas un médicament. En cas de maladie, grossesse, allaitement ou traitement, demandez l'avis d'un professionnel de santé.
Sources de référence pour approfondir : ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), OMS (rapport ECDD sur le cannabidiol, 2018), PubMed pour la littérature scientifique sur les cannabinoïdes et terpènes.
Retrouves quelques uns de nos articles juste ici :
- Légalisation du cannabis en France : un rapport parlementaire veut changer la donne
- CBD trop fort : symptômes, signes à reconnaître et quoi faire
- Trichomes : ce que disent vraiment ces petits cristaux sur la qualité du CBD
- Quelle concentration de CBD choisir ? Dosage, pourcentage et effets expliqués




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